Que dire à un enfant qui vous parle d’un.e ami.e harcelé.e ?

Dernière mise à jour : 26 nov. 2020

Lorsque votre enfant vous fait part d’une situation de harcèlement à l’école dont il/elle est le témoin, votre réaction face à cette confidence peut s’avérer déterminante pour le/la camarade concerné.e, mais aussi pour votre enfant.


Dans cet article je vous propose quelques clés pour savoir comment réagir, et peut-être même agir !

Dans un premier temps, grâce à quelques astuces, il est bon de vérifier le lien qu’il y a entre l’ami.e et votre enfant. L’air de rien, posez quelques questions afin d’obtenir des précisions qui vous indiqueront si son récit concerne un.e de ses camarades, ou encore si votre enfant fait partie des intimidateurs, et enfin s’il s’agit bien d’un.e autre que lui/elle.

En effet, il arrive que les ados testent la réaction des adultes en brouillant les pistes, en prétendant que cela arrive à un.e autre que lui/elle.

Dans chacune des situations, prenez le temps d’écouter vraiment pour lui manifester votre intérêt. Encouragez-le à vous donner des précisions : Quand est-ce que c’est arrivé ? Comment a réagi ton ami.e ? Est-ce que je le connais ?

Vous connaissez bien votre enfant et à sa manière de vous répondre vous saurez s’il s’agit de lui ou d’un.e autre.

  • Si vous soupçonnez qu’il s’agit de votre enfant :


Vous pouvez vous aider du petit guide « que dire à son enfant qui est harcelé », et par la suite n’hésitez pas à vous pencher sur le guide de repérage au harcèlement » dans le but de vous aider à y voir plus clair.

Afin de ne pas le/la brusquer continuez à parler de « son

ami.e » et exprimez votre indignation, ainsi que votre inquiétude :

« Ce que vit ton ami est inacceptable. Cela doit lui demander beaucoup de courage d’aller à l’école chaque matin. Si je peux faire quoi que ce soit pour ton ami.e n’hésite pas à lui en parler. J’espère que ses parents peuvent la ou le soutenir pour trouver le moyen que cela cesse ».

En vous montrant concerné.e, sans en faire trop, vous lui montrez que vous le comprenez mais aussi que vous êtes prêt.e à l’accompagner à trouver une solution à son problème : vous pourriez devenir un soutien, il ou elle ne serait plus seul.e.


  • Vous comprenez que votre enfant fait partie des intimidateurs :

Faire partie d’un groupe d’élèves intimidateurs peut en réalité être source de beaucoup de culpabilité et d’angoisse. Un enfant qui harcèle agit peut-être ainsi pour sa propre sécurité. Il a conscience qu’il peut, à tout moment, se retrouver à la place du mauvais objet, et se protège en obéissant à la loi du groupe.

Les adolescents ont pour la plupart notion du bien et du mal. Même si c’est un âge où ils expérimentent encore les conséquences de leurs actes, ils savent que mettre un autre à l’écart, l’insulter, le voler, le mépriser, augmentent les chances que celui ou celle qui le subit se sente vraiment très mal. Alors pourquoi continuer ? Pour toutes les raisons citées plus haut, à savoir répondre à un fort besoin d’appartenance et de sécurité.

Toutefois, l’intervention d’un adulte qui comprend cela peut renverser la situation et aider l’intimidateur à agir autrement : et cet adulte, c’est peut-être vous !


J’avais déjà abordé la question dans cet article, avec notamment quelques pistes pour ne pas se culpabiliser en tant que parent, comment se positionner entre votre enfant et son école, et enfin parvenir à trouver des solutions pour que cesse le harcèlement.


Pour cela, ouvrez le dialogue sans blâmer votre enfant, car la confiance sera la seule porte d'entrée pour le comprendre et faire cesser ses agissements. Demandez-lui ce qui selon lui pourrait être mis en place pour que cesse le harcèlement, sans lui demander d'appliquer ses propositions. Cela peut le responsabiliser et l'aider à se sortir d'un cercle vicieux, sans avoir le sentiment que c'est une punition, mais plutôt une réparation.

Cherchez à comprendre ce qui le pousse à agir ainsi : explorez ensemble les scénarios qui pourraient lui faire peur si elle ou il ne prend plus part aux intimidations, demandez lui si elle.il aurait envie que quelque chose change à la maison ( passer plus de temps ensemble, être moins responsable de ses petits frères et sœurs, gagner votre confiance en ayant plus d’autonomie en fonction de son âge…en d’autres termes, cherchez à comprendre si son attitude à l’école ne cache pas un mal-être sur lequel vous pourriez ensemble avoir un contrôle).

  • Votre enfant aimerait agir en faveur d’un.e ami.e harcelé.e

Comme on l’a vu plus haut, il est difficile pour un enfant de s’interposer dans une situation de harcèlement, car c’est prendre le risque de s’exposer à son tour aux intimidations.

S’il en manifeste l’envie et vous demande ouvertement votre aide, je vous propose de consulter ensemble ce petit guide des phrases qui peuvent aider une personne victime de harcèlement comme indiqué plus haut, mais aussi grâce à celui-ci qui indique les phrases à éviter absolument.

Exprimer son soutien de façon constructive passe avant tout par une véritable compassion, sans pour autant victimiser ou culpabiliser la personne…tout un art !

Vous pourrez aussi lui proposer d’élaborer ensemble un « plan d’attaque » intelligent, qui puisse retourner la honte et le malaise contre les intimidateurs, avec les mêmes armes qu’eux.

Cette prise de position peut aider la victime à se sentir comprise et soutenue. En voyant que la honte peut changer de camps, cela peut dédramatiser son sentiment de peur et la faire se sentir plus forte.

Assurez-vous que votre enfant se sente suffisamment prêt.e pour agir, et restez vigilent les jours qui suivent. Si elle ou il change d’avis, cela peut signifier qu’elle/il « ne le sent pas » pour l’instant, ce qu’il faut respecter car elle/il a surement de bonnes raisons.

Vous pouvez néanmoins l’inciter à trouver d’autres allié.es qui peut-être ont une position spécifique dans la classe ou dans la cour,

Quelque soit la situation de votre enfant lorsqu’il ou elle vous interpelle, gardez en tête qu’il ou elle cherche une ressource là où lui/elle se sent limité.e.

Ne cherchez pas à agir à sa place, et ne riez pas en entendant les anecdotes ou les quolibets inventés à l’encontre de l’enfant visé.e, car ainsi vous validez et banalisez la situation.

Gardez votre calme et portez lui de l’intérêt en arrêtant ce que vous êtes en train de faire. Reprenez des petites nouvelles de temps en temps sans en faire une obsession.

Tout est question d’équilibre !

Elsa DILMI

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